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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 23:42

Lundi 15 septembre sur France 3, en prime time, était diffusé le documentaire d'Isabelle Saporta, Vino Business.

Après la sortie du livre du même nom en février 2014 aux éditions Albin Michel, Isabelle Saporta continue son investigation dans le vignoble français et plus particulièrement bordelais.

On y voit tour à tour des grands noms de la région, Stéphane Derenoncourt, Hubert de Boüard, Jean-Luc Thunevin, Michel Rolland...

Tout ce petit monde parle autour du vin, des enjeux économiques, des ventes, des prix, des relookings des chais, mais peu parlent réellement du vin.

Hubert de Boüard, préoccupé par les différentes sonneries de son carillon flambant neuf rénové à l'occasion de son accessit au rang de 1er Grand Cru Classé A à St Emilion, n'est que peu loquace sur la manière dont les critères pour y accéder ont été choisis et encore moins quand il s'agit de parler de l'utilisation des pesticides dans ses vignes.

Jean-Luc Thunevin et Stéphane Derénencourt quant à eux, jouent plus franc jeu. L'un admet utiliser des pesticides (même s'il se dit travailler de manière traditionnelle) et l'autre en a assez de ces classements ridicules et de la spéculation qui rode autour des grands crus classés.


Dominique Derain

Dominique Derain

De l'autre côté de la barrière, la famille Techer à Pomerol, qui travaille en Bio ou Dominique Derain, adepte du vin nature en Bourgogne, nous montrent une autre façon de faire du vin. Celle de nos ancêtres, où chimie et chais d'architectes n'existaient pas.

Dominique Techer

Dominique Techer

On aimerait que tout soit aussi simple que cela, avec d'un côté les bons et de l'autre les méchants, mais peut-on mettre tous les grands crus du mauvais côté?
Il faudrait pouvoir les goûter, afin de voir si ces "démons" ne valent vraiment pas le prix qu'on leur donne. Malheureusement, la standardisation des vins de Bordeaux depuis plusieurs années ne nous laisse pas présager un réel engouement de la part des buveurs de vins. Aujourd'hui, le grand cru classé est un objet de luxe, qui n'est que rarement bu, vu le prix.
Mais cela commence à changer, le marché chinois diminuant les importations et des rebelles, valorisant le vigneron cherchant à donner une identité à ses vins grâce à son terroir, sa patte et la sincérité qu'il y met, commencent à faire bouger ce triste paysage vinicole.

Une chose importante, serait d'obliger ces producteurs de Grands Crus à limiter l'utilisation de pesticides, d'une part pour protéger ceux qui travaillent dans la vigne et ceux qui habitent à proximité, mais d'autre part pour protéger le consommateur et l'informer de ce qu'il y a dans son verre.
Un petit chapitre dans le documentaire parle de cela, avec le portrait de Marie-Lys Bibeyran, dont le mari est décédé d'un cancer, qui pour elle est dû à son travail dans la vigne au contact des pesticides.


Ce documentaire est intéressant, essaie de bousculer le vignoble bordelais mais nous aimerions que cela aille plus loin. Malgré quelques imperfections, nous avons envie d'en savoir plus, de condamner le tricheur et de goûter les vins de celui qui respecte la nature.

Peut-être dans un prochain documentaire.

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leflacon, Cédric Blatrie
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